Il se faufile dans l'allée centrale, petit homme en veste gris souris et chemise bleu dur, un sac de sport dans une main, un journal dans l'autre. Il s'installe dans le siège devant le mien, voiture 19, place 32, côté fenêtre. Un petit monsieur transparent, du même gris que sa veste, celui qu'on bouscule et qui s'excuse, celui devant lequel on passe sans le voir, l'employé derrière l'hygiaphone, le fils du poinçonneur des Lilas, un reflet insignifiant dans la vitre d'un wagon.
Le train s'engouffre dans les tunnels successifs qui nous mènent vers l'ouest avant de filer le long des champs de blé et d'éoliennes.
Un trait de couleur dans la vitre, je lève les yeux. Mon petit bonhomme a posé son journal. Il tient dans sa main un collier rouge, perles de pierre, lisses et rondes. Il dispose le collier autour de ses doigts comme autour d'un cou, les perles glissent au creux de sa paume, le long de son poignet. Il les caresse, les réchauffe, les fait jouer dans sa main. La vitre réfléchit son sourire et son regard.
Un trait de couleur dans la vitre, je lève les yeux. Mon petit bonhomme a posé son journal. Il tient dans sa main un collier rouge, perles de pierre, lisses et rondes. Il dispose le collier autour de ses doigts comme autour d'un cou, les perles glissent au creux de sa paume, le long de son poignet. Il les caresse, les réchauffe, les fait jouer dans sa main. La vitre réfléchit son sourire et son regard.
Ce soir, quelqu'un l'attend.










